Antony's profileManuel de survie à l'usa...PhotosBlogLists Tools Help

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    31 July

    Se méfier des enterrements de vie de garçon


    J'ai été voir Very Good Trip, comme beaucoup de monde en ce moment (le bouche à oreille fonctionne bien pour ce film !), et je ne l'ai pas regretté. J'ai rit jusqu'au générique.

    C'est vrai, quoi de plus réjouissant que les galères des autres au cinéma... Et puis, niveau foirage d'enterrements de vie de garçon, j'ai donné. J'en ai fait seulement deux, plutôt réussis, mais une fois on a réussi l'exploit de finir à quatre gays dans un clubs de strip-tease... Très intéressant. Faut dire que les deux hétéros qui nous accompagnaient, dont le futur marié, ont trouvé le moyen de se faire virer au bout de cinq minutes. Nous quatre, avec nos airs détachés devant les anorexiques en train de s'enrouler autour des poteaux chromés, nous ne risquions pas de nous faire virer !

    La réplique la semaine :

    Le père de la mariée au futur marié : "Ne t'inquiète pas, tout ce qui arrive à Vegas reste à Vegas. Sauf l'herpès. Cette saloperie te suivra partout."



    13 March

    Planquer son bulletin de notes avant l'arrivée des parents

     
    Je ne me suis pas tellement identifié aux adolescents aisés de ce film plutôt agréable à regarder, LOL, mais il y a avait des choses assez justes qui renvoyaient immédiatement à des scènes vécues, et rarement vues au cinéma : l'arrivée chez les correspondants étrangers, les marques d'affection d'une personne handicapée (cf une note précédente), les passage par le bureau de la CPE les jours où on arrive en retard... et l'arrivée par courrier du bulletin de notes, qui donne la meilleure réplique du film :
     
    Le père, lisant le bulletin à haute voix : - "Histoire : un vrai touriste aurait au moins pris des photos." Tu te fous de moi ?
     
    15 January

    Communiquer au sein de son couple

    Comme ils disent, pour qu'un couple fonctionne, il faut qu'il communique, quitte à s'engueuler de temps en temps. En tout cas, j'ai rarement vu une pièce qui ressemble autant à certains pans de ma vie (cf les deux gays qui débarquent à la plage). Mais en mieux écrit, et en très bien joué.

    La réplique de la semaine :

    -Il me va bien, non ?
    -Il est pas un peu petit ?
    -C'est du XS, c'est ma taille. De toute façon ça se porte moulant.
    -Ah bah plus moulant, après c'est "sous vide"...


    10 January

    Faire sortir le monstre tapi en soi

     
    J'ai profité des vacances pour aller voir "Créatures" au Casino de Paris, vu que j'avais repéré sur l'affiche quelques noms vus dans Panique à bord et Le Cabaret des Hommes Perdus, les deux plus grosses poilades de ces deux dernières années au théâtre. Pas mal ces "Créatures", mais l'histoire tient plus de la succession de saynètes que d'un vrai argument. Reste quelques pépites dans le texte et une super interprétation.
     
    La réplique de la semaine :
     
    Le laideron :
    "La vraie beauté est intérieure
    Entrez vite, Je ferme à onze heures !"
     
    30 October

    Se prendre pour une star de ciné


    Hi hi pour ceux que les grosses voix des bandes-annonces horripilent, ils peuvent s'amuser à détourner les grosses machines ici :

    http://hollywood.logeek.com/

    Pour la deuxième, toute ressemblance avec un mec que j'aime serait purement fortuite :



    03 October

    Aller se faire entuber chez les Grecs


    ...à condition que ce soient des tubes d'Abba, bien sûr ! (rires enregistrés)

    Bon ben je sais pas si c'était le plaisir de retrouver des ambiances grecques deux semaines après la rentrée, ou la musique entraînante, mais j'ai beaucoup aimé Mamma Mia !. La descente du village grecque sur Dancing Queen, ça restera un grand moment de joie communicative. Même si j'ai un doute sur la validité ethnographique de la chose (je ne me rappelle pas avoir croisé en Crète des grands-mères balançant leur fagot de bois pour dancer le disco, comme on peut voir dans le film !).

    La réplique de la semaine :

    Tanya, fouillant dans la valise de sa copine : "C'est un string, ça, ou c'est ton fil dentaire ?"

     

    24 June

    Découvrir un charmant petit monstre

     
    La dernière fois que j'ai pleuré dix minutes après la fin d'un film, je crois que c'était pour "Kramer contre Kramer". J'avais huit ans. C'est dire l'état dans lequel j'étais ce soir après Sagan, de Diane Kurys. Je crois aussi que c'est la première fois que je pleure à la première scène. Je suis enceinte ou quoi ?

    Il faut dire que Sylvie Testud en Sagan vieille femme seule et doublement dépendante est assez bouleversante. Et si je n'ai toujours pas tranché sur la question de savoir si j'aurais aimé vivre sa vie, être aussi libre quitte à le payer de sa solitude, j'ai trouvé ce film poignant et stimulant. Mais on ne fait pas qu'y pleurer : le couple qu'elle forme avec Peggy Roche (Jeanne Balibar) est plein de drôlerie.

    La réplique de la semaine :

    Françoise Sagan (Sylvie Testud) : Mon divorce fut mon premier vrai chagrin. L'amour, au début, c'est merveilleux. Au milieu, c'est encore mieux. Après... ça dépend qui se lasse le premier.
     
    sagan
     
     



    19 March

    Continuer à jouer les grands gamins

     

    Excellent le nouveau film de Gondry, Be kind, rewind. Alors que je m'attendais à une suite de remake version Gondry, le scénario va beaucoup plus loin, offrant même parfois des petits moments d'émotion.

    Enfin bref, je suis allé voir le site http://www.bekindmovie.com/, le site en lui-même vaut déjà le déplacement, et ô poilade suprême, tu peux fabriquer ta propre jaquette de film suédé.

    Alors comme je trouve que je fais un Aragorn potable malgré la coiffure à la Henri Leconte, et surtout moins rabat-joie que l'original, tiens je te les montre (même si je ne suis pas très fier de la présence de Tortues Ninja dans ma filmographie).

     

    19 February

    Surveiller son coeur


    Bon ben finalement je te rassure, Paris c'était pas si tire-larmes que ça, en fait sur la multitude d'histoire qui se juxtaposent plus qu'elles s'entremêlent, toutes ne sont pas si intéressantes, donc au final j'en suis ressorti mitigé.

    Ca nous a quand même donné envie de faire des détours pour voir la tour Eiffel. Réponse de la devinette d'hier, donc : je me suis couché avec toujours autant d'interrogations dans la tronche, toujours autant de doutes par rapport à mes choix et aux sentiments de ce nouveau venu, mais moins déprimé que prévu.

    Et puis par rapport à ceux du personnage principal du film, mes problèmes de coeur apparaissent tout de suite moins graves.

    12 February

    Les attraper par la queue

     
    Pas mal du tout cette pièce ! Une souris verte, de Douglas Carter Veane au théâtre Tristan Bernard. J'y allais en croyant voir une variation boulevardière sur le thème "Pourvu que mon public n'apprenne pas mon homosexualité !", mais c'est au final bien plus intéressant : l'histoire d'un jeune premier qui tombe amoureux d'un tapin alors qu'il négocie un grand rôle dans une pièce sur une histoire d'amour homosexuel. J'avoue que l'élément le plus intéressant n'est pas l'histoire entre les deux garçons, mais bien les passages sur l'adaptation de cette fameuse pièce à succès que s'apprête à jouer le comédien, avec une attachante attaché de presse, pétulante et drôlissime.
     
    Par contre quelqu'un pourrait-il dire à Edouard Collin de se calmer sur la muscu ? Lui qui était si mimi avant...
     
     
    La réplique de la semaine :
     
    "Quand un homme est dans vos bras et qu'il vous fait l'amour, il sue, il se donne. On a l'impression qu'il court. Le tout est de savoir s'il court vers vous, ou s'il court vers autre chose et que vous vous trouvez simplement là, en travers de son chemin."
     
    souris_verte
    15 November

    Bien s'accrocher aux accoudoirs pendant les scènes romantiques

     
    UGC Orient Express invente le cinéma dynamique ! Je ne sais pas si tu es déjà allé dans ce cinéma, mais sache que dans certaines salles, on entend le métro passer. Ou plutôt on le sent vibrer. D'ailleurs c'est peut-être le RER. Peut importe : ça surprend un petit peu au début, mais si le film est bon ça n'est pas assez chiant pour le gâcher.
     
    Quoique. Autant quand il passe pendant une grosse scène de baston, ça peut donner un petit côté "installation du Futuroscope", autant que le héros se penche vers la poufiasse après qui il court depuis le début du film, qu'il l'a enfin serrée et qu'il s'apprête à lui déclarer sa flamme :
    "Ah Madeleine, après tous ces obstacles, malgré Michele Pfeiffer qui m'a lancé des éclairs dans la gueule et cette conne de sorcière qui m'a changé en mulot alors qu'au bout de 1h30 il était temps d'arriver au dénouement, je peux enfin vous l'avouer... Je vous BRRRBRBBRBBROUM
    -Comment ? Refaites-le moi, une sorte de chariot de fer assourdissant m'a empêché d'entendre ce que vous me souffliez."
    ... ça fait un peu sortir du film.
     
    Hein ? j'ai pas parlé du film ? Ben si tu aimes qu'on te raconte des histoires au coin du feu, tu peux aller voir Stardust sans problème, c'est pas gnangnan et plutôt réussi.
      
    stardust
    16 October

    Préferer la médiocrité

     
    Bon je le précise tout de suite à mon Ga qui va encore dire que je manque d'ambition dans la vie : si si c'est un vrai conseil de survie, à l'adresse de Ian Curtis. Bon, c'est un peu raté vu qu'il s'est pendu à l'âge de 23 ans, en mai 1980.
     
    Mais c'est véritablement ce que je retiens de ce beau film neurasthénique, Control d'Anton Corbijn, qui est d'avantage sur la dépression que sur la musique de Joy Division elle-même : j'ai enfin compris comment une rock star peut se suicider en pleine ascension. C'est vrai, j'ai toujours eu du mal à comprendre comment un Kurt Cobain, qui devait sans doute écrire de la poésie depuis ses jeunes années d'adolescence, pouvait se foutre en l'air alors qu'il commence à avoir l'opportunité de la cracher à de plus en plus de monde. Est-ce que les profs remplaçants se foutent en l'air le jour de leur titularisation ?!? Mais c'est ce que montre ce film : à trop donner sur scène, le public finit par le prendre comme un dû, et lorsque les émotions de la vie réelle et présente sont trop décorrélées de celles que le chanteur est censé faire surgir sur scène, ça peut devenir physiquement impossible.
     
    Personnellement c'est une philosophie que j'ai toujours inconsciemment appliqué dans mon travail : faire bien et vite, mais sans non plus me défoncer. Sinon on risque d'habituer son patron, et le jour on n'a pas envie de se déchirer la touffe, on est piégé. Pour l'instant ça ne fonctionne pas trop mal.
     
    La réplique de la semaine :
     
    Le patron du studio : Bon, je mets quoi sur la feuille ?
    Ian Curtis : "Joy Division".
    Le patron du studio : ???
    Ian Curtis : C'était le nom des bordels allemands pendant la guerre.
    Un membre du groupe : Et "Slaves of Venice", alors ?
    Ian Curtis : Recommence pas avec ça...
     
     
    control
    09 September

    Prendre des leçons d'histoire (et une claque dans la gueule)

     
    Nous sommes allés voir Bent, pièce dont on voit un extrait dans The Bubble, et qui avait piqué ma curiosité. Malgré le sujet difficile, les frissons d'angoisse si on commence à s'identifier à ces pédés pourchassés par le régime nazi, pour moi le dialogue des deux prisonniers restera un grand moment d'émotion dans ma modeste vie de spectateur. Et puis surtout j'ai trouvé les deux comédiens très bons, touchants et juste, alors qu'il y a des scènes difficiles à jouer. C'était d'ailleurs flagrant, on voyait le comédien principal au fil des saluts sortir du rôle et retrouver le sourire. Oui, toute la dernière partie compense largement les petits défauts du début.
     
    Et parce que je n'ai pas souvent l'occasion de mettre de l'allemand sur cette page, je ne me prive pas, je glisse un petit extrait de chanson de cabaret allemande des années 20/30, interprétée sur scène pendant cette pièce, Das Lila Lied :
     
    Was will man nur ?
    Ist das Kultur
    Dass jeder Mensch verponnt ist
    Der Klug und gut
    Jedoch mit Blut
    Von eig'ner Art durchströmt ist ?
    (...)
    Wir sind nur einmal anders als die Andern
    Die nur im Gleichschritt der Moral geliebt
    Neugierig erst durch tausend Wunder wandern
    Und fur dir doch nur das Banale gibt.
     
    (Que veut-on vraiment ?
    Est-ce ça, notre culture,
    Que de réprouver tout individu
    Bon et intelligent
    Mais au fond différent ?
    (...)
    C'est ainsi, nous ne sommes pas comme les autres,
    Comme ceux qui aiment au pas cadensé de la morale
    Ceux qui ne s'étonnent que devant milles merveilles
    Et qui finalement ne connaissent que la banalité.)
     
    29 August

    Observer la naissance des asticots

     
    Très délicat ce film sur l'éveil hormonal des jeunes filles. Oui, je sais, après "Et toi, t'es sur qui ?", je continue ma série "Revivons ensemble nos premières pollutions nocturnes", mais ça reste pour moi un sacré bon sujet, cet apprentissage de l'amour, cet âge où on veut bien vivre des trucs avec les filles, mais plus pour en parler après entre copains, parce que les filles, quand même, c'est un peu chiant, ça fait des problèmes pour un rien.
     
    De leur côté, ça n'a pas l'air plus simple, si j'en juge le scénario de Naissance des pieuvres, premier film réussi de Céline Sciamma. Entre celle qui embrasse sa copine pour s'entraîner, celle qui embrasse sa copine parce qu'elle l'aime, celle qui se demande quand ça va lui arriver...
     
    Tiens, à ce propos, un petit truc si votre premier baiser tarde. On était en 6eme, c'était la grande époque des boums dans le garage, on savait même pas que l'herbe ça pouvait se fumer, et on dansait sur "First love", la musique de la pub Coca-Cola. Et une copine, Aurélie, avait trouvé un super truc : la "cabine". En fait, un drap tendu qui délimitait un petit coin à l'abri des regards, dans un coin du garage. On tirait des numéros au sort pour se retrouver dans cette cabine. Inutile de dire que c'était largement truqué et qu'il suffisait de demander à Aurélie de nous mettre avec telle ou telle, et c'était dans la poche. Moi j'étais en couple avec Sylvie depuis deux semaines (être en couple, à cette âge, si je me souviens bien, c'est s'envoyer des mots pendant les cours, rougir quand on se croise dans la cour, et s'asseoir en face dans le bus scolaire), et en terme de dépucelage lingual, cette cabine nous a surement fait gagner du temps !
     
    La réplique de la semaine :
     
    Anne (Louise Blachère) : "Et moi, quand est-ce que ça va m'arriver ? Fais chier... Dans des pays on marie les filles à 13 ans. Pourquoi je suis pas née là-bas ?"
     
    22 August

    Rester plus de deux jours à Paris

     
    C'est mon Ga qui m'avait conseillé d'aller voir ce film, en me prévenant : "J'y ai trouvé pas mal de similitudes avec notre couple, mais vas-y, tu me diras..."
     
    Effectivement, beaucoup de charme dans ce film de Julie Delpy 2 days in Paris, en premier lieu, un parfum de journal intime filmé, et une description de sa famille qui vaut le détour.  
    Et puis, oui, des similitudes avec nous, en vrac : un retour de Venise en train couchette, des exs recroisés au hasard dans Paris, des recriminations contre les gens qui n'arrêtent pas de prendre des photos en vacances, des parisiens qui râlent contre les voitures mal garées...
     
    La réplique de la semaine :
     
    Marion (Julie Delpy) : J'ai toujours pensé que les gens qui n'arrêtaient pas de prendre des photos s'empêchaient de vivre l'instant présent, d'être dans l'instant. A Venise, dans la gondole, au lieu de me tenir la main, Jack a pris 37 photos. Sur la place Saint-Marc, au lieu de flâner, Jack a pris 83 photos...
    20 July

    Faire l'amour, pas la guerre

     
    Ca faisait très longtemps qu'un film ne m'avait pas cueilli comme ça, peut-être depuis The Magdalene Sisters. Quand je dis "cueilli", je parle de cette boule dans la gorge, de cette envie de chialer que j'ai retenu tout le film, mais que j'ai été obligé de lacher à trois minutes du générique de fin devant la tristesse et l'injustice de la conclusion.
    Si il faut mesurer l'impact d'un film au temps qu'on met à l'oublier, alors The Bubble (de Eytan Fox) m'a beaucoup touché. Je pense encore à peu près tous les jours à ce plan final où l'on voit deux enfants jouer dans un parc.
    Mais va voir le film, tu comprendras pourquoi.
     
    La réplique de la semaine :
     
    Yali (Alon Friedman) : Je me demande... Quand on est un martyr homo, tu crois qu'il y a 70 puceaux qui nous attendent au paradis ? ou 70 Mr Muscle ? ... Est-ce qu'on peut choisir ? ...
     
     
    06 July

    Se tenir éloigné des gardiens de la révolution

     
    Ca fait longtemps que je n'avais pas été touché par un film comme ça, d'autant plus par un dessin animé. Mais Perspolis de Marjane Satrapy et Vincent Paronnaud m'a pris à la gorge et m'a humidifié les yeux plusieurs fois. Je crois que le plus éprouvant est de voir la manière dont la médiocrité prend le pouvoir dans une république théocratique. Sa mère, cultivée et bien éduquée, se fait rabrouer violemment dans la rue par des hommes conscients de leur nouveau pouvoir. Dans une autre scène, une femme est éffarée de constater que le sort de son mari qui vient d'entrer à l'hopital dépend... de son ancien laveur de carreau, lequel répond à toute question par "Si Dieu le veut".
    Alors même quand c'est drôle, par exemple quand Marjane va acheter du Iron Maiden au marché noir, on ne peut s'empêcher de rire jaune et de se dire qu'à sa place je n'aurais jamais autant de courage. Parce que vivre dans une société qui interdit la musique et l'alcool... non, vraiment je ne vois pas le progrès.
     
    La réplique de la semaine :
     
    La grand-mère de Marjane (Danielle Darrieux) : Dans la vie tu rencontreras beacoup de cons. Ne réponds pas par la bêtise. Reste toujours toi-même, reste toujours intègre.
     
     
    26 June

    Ne pas avoir peur de rater sa première fois

     
    Cher journal intime,
     
    Je suis trop désolé de te laisser tomber en ce moment, mais il m'arrive trop de choses en ce moment, et je crois qu'il faut que je te les confie avant de trop déprimer... Voilà : je crois que le grand jour est arrivé. Sandrine m'a proposé de dormir chez elle ce soir.
     
    Bon, excuse cette intro poussive, j'ai pas pu m'empêcher, car hier j'ai vu le film de Lola Doillon Et toi, t'es sur qui ?, bon film qui a des qualités (le sujet, la justesse) mais aussi quelques défauts (j'ai trouvé que le scénario manquait un peu d'enjeux, car après tout, rater sa première fois, c'est plutôt commun, et ça ne prive personne d'une deuxième chance). Mais bon, comme j'aime beaucoup les films sur l'adolescence, et que la question de la première fois n'est pas si souvent traitée au cinéma, on ne va pas bouder son plaisir.
     
    Personnellement, j'ai fait l'amour assez tard (oui, je n'étais pas pressé de tremper mon biscuit, je comprends mieux maintenant), et comme beaucoup de monde, il a fallu attendre la troisième ou quatrième fois pour que ça commence à ressembler à quelque chose. Il faut dire que je m'étais fait surprendre par ma copine : quelques jours après le début de notre histoire, alors qu'on venait de se bourrer la gueule gentiment au vin blanc chez des potes autour d'une moule frite, elle suggère de passer boire une dernière bière chez moi. De fil en aiguille, on s'est retrouvé sur mon lit. J'ai commencé à déboutonner son jean, mais je ne sais pas si c'était l'éclairage qui était trop faible, le vin qui était trop fort, mes connaissances en anatomie qui étaient trop floues, toujours est-il que j'ai bloqué sur ses poils pubiens pendant cinq minutes. Inutile de vous dire qu'un cunnilingus de cinq minutes sur le pubis, ça lui a laissé le temps de s'endormir. J'ai fini par m'apercevoir de mon erreur, mais comme dit Bashung "A quoi ça sert la moule si t'as pas la frite ?". Je n'ai pas insisté et on s'est endormi tranquillement.
     
    Heureusement, la deuxième fois on a réussi à rentrer la pièce A dans la pièce B. Ouf ! J'étais devenu un homme (à 21 ans il commençait à être temps). Mais ça n'a jamais été simple le sexe ensemble, d'abord parce que je n'étais jamais sûr d'y arriver. Petit conseil en passant : si vous avez une panne sexuelle un coup sur trois avec votre copine, réfléchissez-y à deux fois avant de vous proclamer hétéro.
     
    Du coup ça m'a fait bizarre de revoir Sandrine au mariage d'une copine il y a quelques jours, surtout que pendant le repas j'étais face à mon Ga et elle. Elle était là avec son irlandais de mari, m'a montré des photos de sa fille... Finalement on semblait tous les quatre heureux, et avec la bonne personne. Comme quoi, comme dit un autre chanteur populaire, la première fois, ça compte, mais pas tant que ça.
     
    La réplique de la semaine :
     
    Julie : Alors ?
    Elodie : Alors je te raconte comme ça m'est arrivé parce que c'est Lydia qui me l'a raconté. Non, c'est Eric qui l'a raconté à Lydia qui me l'a dit...
    Julie : Oui, bon alors ?
    Elodie : Eh ben vendredi Mélanie a été a une soirée, genre elle était la plus jeune, elle a commencé à boire, et à un moment un mec l'a entraîné dans une chambre.
    Julie : L'enfoiré...
    Elodie : Oui, en même temps il l'a pas forcé.
    Julie : A ?
    Elodie : Lui tailler une pipe.
    Julie : Lui tailler une pipe ? La salope !
    Elodie : C'est clair.
    Julie : T'imagines ? La chance, quand même...
     
     
    29 May

    Se méfier des apparences

     
    Charmante, cette petite comédie romantique : Love (et ses petits désastres) (ce malgré son titre français foireux). Surtout pour la modernité du propos (l'héroïne n'arrête pas de se taper son ex, quelle drôle d'idée ;-) et le côté "Film dans le film". Et puis les fausses pistes du film dans le film sont plutôt bien trouvées. Exemple : les noms qui apparaissent au début du générique sont les noms des personnages.
     
    Il y a aussi un aspect séduisant : le bel argentin est-il gay ? C'est vrai que c'est le genre de problème qui se pose dans la vie, et qui est rarement abordé à l'écran : en général, les personnages sont tellement bien définis dès leur apparition qu'en général le doute est levé dès les premières répliques. Alors pour une fois que cela est un vrai mécanisme de comédie, ne boudons pas notre plaisir.
     
    La réplique de la semaine :
     
    Peter (Matthew Rhys): "Comment tu veux retrouver quelqu'un si tu passes ton temps à te taper ton ex ?
    Emily (Brittany Murphy): Mais justement, une fois qu'on se sera remis ensemble, j'aurais du temps pour chercher quelqu'un !"
    20 January

    Se perdre au Cabaret des Hommes Perdus

     
    Hier soir, j'ai eu le plus beau cadeau d'anniversaire que j'aurais pu esperé pour mes 31 ans : une soirée au Cabaret des Hommes Perdus.
     
    Ca t'est déjà arrivé de sortir d'un spectacle avec un mal de mâchoire à force d'avoir souri ?
     
    Bon bref, je ne dithyrambe pas, mais c'était tout simplement un des meilleurs spectacles que j'ai vu à Paris en six ans.
     
    Tout à l'heure Archive à la FNAC pour ne pas être frustré de les rater ce soir au Zénith, pis ce soir Décadécadanse ohéohé au bal au bal masqué yeah every little thing that you say I do hung up baby, 6 litres de soupe angevine et des potes, j'ai plus une thune mais putain ils commencent bien ces 31 ans !
     
    La réplique de la semaine :
     
    La chanson du tatoueur amoureux :
     
    (...) 
    Mes aiguilles tremblantes et cruelles
    N'auront aucun repos
    Je sais que de moi il n'y aura qu'elles
    Pour pénétrer ta peau.
     
    Plaisir et douleur là tout se mélange
    Je voudrais tu sais bien
    Effacer tous ces noms qui me dérangent
    Ne graver que le mien.
    (...)